Matériel
- Sur papier : 25 feuilles de papier fin (80 g) de même format, un crayon HB, un feutre fin, et une table lumineuse ou une fenêtre pour voir le dessin précédent par transparence.
- Sur écran : une tablette ou un ordinateur avec une application d’animation proposant la « pelure d’oignon ». Pencil2D, Krita et OpenToonz sont gratuits ; voyez les logiciels de dessin gratuits et les applications pour dessiner.
- Un téléphone pour photographier les dessins papier et les assembler, si vous ne dessinez pas directement à l’écran.
Les notions à connaître avant de commencer
Le cinéma affiche 24 images par seconde. En animation dessinée, on dessine souvent 12 images par seconde, chacune affichée deux fois : on dit qu’on anime « en deux ». Pour un premier projet, 12 images par seconde suffisent : deux secondes représentent 24 dessins.
Les poses clés sont les positions extrêmes d’un mouvement : le départ, l’arrivée, le moment le plus marqué. Les intervalles sont les dessins intermédiaires qui les relient. Leur espacement règle la vitesse : des dessins serrés donnent un mouvement lent, des dessins écartés un mouvement rapide. Une goutte qui tombe accélère : ses dessins sont serrés en haut, de plus en plus écartés en bas.
Faire un dessin animé étape par étape
- Préparer le supportSur papier, numérotez vos feuilles de 1 à 24 dans un coin et tracez une ligne de sol au même endroit sur chacune, à 3 cm du bas. Fixez la pile avec deux bandes de ruban adhésif en haut, pour que les feuilles restent alignées. Dans une application, créez un projet à 12 images par seconde et activez la pelure d’oignon.
- Dessiner les poses clésSur l’image 1, dessinez la goutte en haut de la feuille : une forme de larme de 1 cm de haut, pointe vers le haut. Sur l’image 12, dessinez la goutte au moment où elle touche le sol, écrasée en ovale. Sur l’image 16, l’éclaboussure la plus haute : une couronne de 4 ou 5 pointes et quelques gouttelettes projetées sur les côtés.
- Tracer la trajectoire et l’échelle d’espacementTracez au crayon léger la ligne verticale que suit la goutte. À côté, dessinez une petite échelle : un trait par image, très rapprochés en haut, puis de plus en plus espacés. Par exemple, laissez 2 mm entre les images 1 et 2, puis augmentez l’écart d’environ 2 mm à chaque image. Cette échelle remplace le calcul : chaque intervalle se place sur un trait.
- Dessiner les intervallesEn regardant l’image précédente par transparence, dessinez la goutte des images 2 à 11 sur les traits de l’échelle. Étirez-la à mesure qu’elle accélère : à l’image 11, elle peut être deux fois plus haute que large. Cet étirement donne l’impression de vitesse.
- Animer l’éclaboussureEntre les images 12 et 16, la couronne monte et s’ouvre ; entre 16 et 24, elle redescend et se résorbe en une flaque qui s’élargit, puis se calme. Les gouttelettes suivent des arcs, comme de petites balles lancées.
- Tester avant d’encrerFeuilletez la pile en tenant le coin, ou lancez la lecture dans l’application. Une saccade révèle un intervalle trop éloigné de ses voisins : ajoutez un dessin ou décalez-le. Corrigez maintenant, au crayon : c’est bien plus rapide qu’après l’encrage.
- Encrer et colorierRepassez chaque dessin au feutre fin ou au pinceau numérique, en gardant la même épaisseur de trait d’une image à l’autre, sinon le contour scintille. Coloriez en bleu clair en laissant un petit reflet blanc toujours du même côté.
- Assembler et exporterPhotographiez les dessins papier un par un, avec le téléphone fixé au même endroit, et importez-les dans l’application. Réglez la cadence à 12 images par seconde et exportez en vidéo ou en GIF. Mettez la lecture en boucle pour juger le résultat.
Variantes pour un deuxième projet
La balle qui rebondit
C’est l’exercice classique des écoles d’animation. Même logique d’espacement que la goutte, mais la balle remonte : ses dessins se resserrent en haut de chaque rebond. Écrasez-la au contact du sol et étirez-la juste avant et juste après.
Un personnage qui cligne des yeux
Une tête fixe, seuls les yeux bougent : 3 dessins suffisent (ouvert, mi-clos, fermé). Un clignement dure environ un tiers de seconde. C’est l’animation la plus rentable pour donner vie à un personnage ; le guide dessiner un personnage vous aidera à le créer.
L’animation sans ordinateur
Si vous voulez rester entièrement sur papier, le flipbook est la forme la plus simple : un carnet que l’on feuillette avec le pouce, sans photo ni logiciel.
Erreurs fréquentes
- Le mouvement est saccadé : un intervalle manque ou les dessins ne sont pas alignés. Vérifiez la pelure d’oignon et la fixation des feuilles.
- Le dessin « tremble » : les contours varient d’une image à l’autre. Tracez plus lentement, en suivant de près le dessin précédent.
- Tout va à la même vitesse : les dessins sont espacés régulièrement. Resserrez-les au début et à la fin des mouvements.
- Le projet n’avance plus : il est trop long. Un premier dessin animé de 2 à 5 secondes, terminé, apprend plus qu’un projet de 30 secondes abandonné.
- Un personnage qui marche dès le premier essai : la marche est l’un des mouvements les plus difficiles à animer. Gardez-la pour plus tard.
Astuce : filmez-vous en train de faire le mouvement, puis regardez la vidéo image par image. Vous verrez où se trouvent les poses clés et où le mouvement ralentit, bien mieux qu’en l’imaginant.
Pour aller plus loin
Pour comprendre d’où viennent ces techniques, lisez l’histoire du dessin animé. Les films du studio Ghibli montrent tout ce que permet l’animation dessinée, et les films Pixar comment ces mêmes principes passent en 3D. Pour dessiner plus vite et mieux sentir le mouvement, entraînez-vous au croquis rapide. Tous nos guides sont réunis sur la page dessin animé.
Questions fréquentes
Quelle application gratuite pour créer un dessin animé ?
Pencil2D est simple et pensé pour l’animation dessinée image par image. Krita, logiciel de dessin gratuit, possède une timeline d’animation. OpenToonz convient aux projets plus ambitieux, mais demande plus de temps d’apprentissage.
Combien de dessins pour une seconde de dessin animé ?
Douze dessins par seconde suffisent pour la plupart des mouvements, chacun affiché deux fois sur une vidéo à 24 images par seconde. Les mouvements très rapides demandent parfois un dessin par image, soit 24 par seconde.
Peut-on créer un dessin animé sans savoir bien dessiner ?
Oui. Une goutte, une balle ou un bonhomme bâton suffisent pour apprendre le timing et l’espacement, qui comptent plus que la qualité du dessin. Le style se travaille ensuite.