Pourquoi l’animation française compte
Le dessin animé a des racines françaises : Émile Reynaud projette des images dessinées à Paris dès 1892, et Émile Cohl réalise Fantasmagorie en 1908. Ces débuts sont racontés dans l’histoire du dessin animé. Aujourd’hui, la France produit à la fois des séries diffusées dans le monde entier et des films d’auteur très personnels.
Deux institutions expliquent en partie ce dynamisme. Le Festival international du film d’animation d’Annecy, créé en 1960, est l’un des principaux rendez-vous mondiaux du secteur. Et plusieurs écoles d’animation françaises, dont celle des Gobelins à Paris, forment des animateurs recrutés par de grands studios étrangers.
Les grands studios français
- Folimage, à Valence : un studio connu pour ses films au dessin coloré et poétique, comme La Prophétie des grenouilles (2003) et Une vie de chat (2010).
- Xilam, à Paris : séries d’humour visuel presque sans dialogues, comme Oggy et les Cafards (1998) et Zig et Sharko (2010).
- Les Armateurs : producteur de plusieurs films d’auteur majeurs, dont Kirikou et la Sorcière et Les Triplettes de Belleville.
- Ankama, à Roubaix : un studio issu du jeu vidéo, auteur de la série Wakfu (2008).
- Illumination Mac Guff, à Paris : le studio qui a fabriqué Moi, moche et méchant (2010) et les films des Minions pour la société américaine Illumination.
Les dessins animés français pour la télévision
Les pionniers (années 60 à 80)
- Le Manège enchanté (1964), Serge Danot : animation de marionnettes image par image, avec le chien Pollux. Dès 3 ans.
- Les Shadoks (1968), Jacques Rouxel : des oiseaux absurdes au dessin minimaliste, qui ont divisé les téléspectateurs à leur sortie. Dès 8 ans, pour l’humour.
- Il était une fois… l’Homme (1978), Albert Barillé : l’histoire de l’humanité racontée par une même famille de personnages. Dès 7 ans.
- Ulysse 31 (1981) et Les Mystérieuses Cités d’or (1982) : coproductions franco-japonaises devenues cultes, détaillées avec les dessins animés des années 80.
Les séries d’humour (années 90)
- Les Zinzins de l’espace (1997), Xilam : des extraterrestres coincés dans un grenier. Dès 6 ans.
- Oggy et les Cafards (1998), Xilam : un chat bleu contre trois cafards, sans dialogue ; un modèle de jeu d’acteur dessiné. Dès 5 ans.
Les succès internationaux (années 2000 à aujourd’hui)
- Totally Spies! (2001), Marathon : trois espionnes lycéennes. Dès 7 ans.
- Code Lyoko (2003) : des collégiens entre un monde réel en 2D et un monde virtuel en 3D. Dès 9 ans.
- Wakfu (2008), Ankama : aventure et influences manga. Dès 9 ans.
- Les Lapins Crétins : Invasion (2013), Ubisoft : des lapins hurlants issus du jeu vidéo, gags muets. Dès 6 ans.
- Miraculous (2015) : deux collégiens parisiens super-héros, en 3D. Dès 7 ans.
D’autres séries françaises de la décennie 2000 figurent dans les dessins animés des années 2000.
Les films d’animation français
Les classiques
- La Planète sauvage (1973), René Laloux, sur des dessins de Roland Topor : des humains minuscules dominés par des géants bleus. Étrange et adulte, dès 12 ans.
- Le Roi et l’Oiseau (1980), Paul Grimault, avec Jacques Prévert : un roi tyrannique et un oiseau moqueur. Dès 7 ans.
- Kirikou et la Sorcière (1998), Michel Ocelot : un enfant minuscule affronte une sorcière, dans un conte inspiré de l’Afrique de l’Ouest. Dès 5 ans.
Les films d’auteur des années 2000 et 2010
- Les Triplettes de Belleville (2003), Sylvain Chomet : un film presque muet, au dessin caricatural très appuyé. Dès 10 ans.
- Persepolis (2007), Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud : l’enfance d’une jeune Iranienne, en noir et blanc. Dès 13 ans.
- Une vie de chat (2010), Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli, Folimage : un polar parisien au graphisme inspiré de la peinture moderne. Dès 7 ans.
- Ernest et Célestine (2012), Benjamin Renner, Stéphane Aubier et Vincent Patar : une amitié entre un ours et une souris, en aquarelle. Dès 4 ans.
- Le Petit Prince (2015), Mark Osborne : le livre de Saint-Exupéry raconté en images de synthèse et en papier animé. Dès 7 ans.
- Ma vie de Courgette (2016), Claude Barras, Suisse et France : marionnettes animées, sujet grave. Dès 10 ans.
- Le Grand Méchant Renard et autres contes (2017), Benjamin Renner et Patrick Imbert : trois contes de ferme très drôles. Dès 5 ans.
- J’ai perdu mon corps (2019), Jérémy Clapin : une main coupée cherche son corps dans Paris. Réservé aux adolescents et adultes.
- Le Sommet des dieux (2021), Patrick Imbert : l’adaptation d’un manga d’alpinisme de Jirō Taniguchi. Dès 11 ans.
Ce qui caractérise l’animation française
Il n’existe pas un style français unique, mais quelques tendances reviennent. Beaucoup de films partent d’un graphisme d’auteur fort, souvent issu de l’illustration ou de la bande dessinée, plutôt que d’un style de studio standardisé. L’aquarelle et le dessin visible au crayon sont fréquents, comme dans Ernest et Célestine. Et les séries d’humour de Xilam ont fait du gag muet une spécialité, ce qui facilite leur diffusion dans de nombreux pays sans traduction.
Si vous dessinez, ces films sont d’excellents modèles : observez comment Michel Ocelot simplifie les silhouettes en aplats, ou comment Une vie de chat déforme volontairement les corps. Le guide dessiner un personnage aide à chercher votre propre style, et l’aquarelle pour débutant à retrouver ces couleurs transparentes.
Où les voir
Les films et séries français circulent entre plateformes, chaînes de télévision et sites de replay, et leur disponibilité change souvent. Vérifiez sur les services que vous utilisez ; les médiathèques ont généralement un bon fonds de films d’animation français en DVD. Le festival d’Annecy et de nombreux cinémas d’art et essai proposent aussi des projections. Pour comparer, voyez les films du studio Ghibli, et pour choisir selon l’âge, les dessins animés pour enfants. Toutes nos listes sont sur la page dessin animé.
Questions fréquentes
Quel est le premier dessin animé français ?
Fantasmagorie, d’Émile Cohl, présenté en 1908, est souvent cité comme le premier dessin animé au sens moderne. Émile Reynaud projetait déjà des images dessinées en mouvement dès 1892 avec son Théâtre optique.
Oggy et les Cafards est-il un dessin animé français ?
Oui. La série est produite par le studio parisien Xilam depuis 1998. Comme elle n’a presque pas de dialogues, elle est diffusée dans de nombreux pays.
Quel film d’animation français voir avec un enfant de 5 ans ?
Kirikou et la Sorcière, Ernest et Célestine ou Le Grand Méchant Renard et autres contes conviennent bien à cet âge : histoires claires, peu de scènes effrayantes et beaucoup d’humour.